De Seo Tai-ji à BTS : comment la K-pop a conquis le monde

Impossible d’échapper au phénomène K-pop ! Originaire de Corée du Sud, la « Korean Pop » séduit des millions et des millions de fans à travers la planète.

Pour preuve : le groupe BTS enchaîne les titres dans le Guinness des Records ces dernières années. Classement dans les tops albums et singles, nombre de ventes de disques, nombre de vues sur YouTube ou encore nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux : le boys band affole les compteurs sur tous les fronts. Mais comment la K-pop a-t-elle conquis le monde ?

La K-pop, c’est quoi au juste ?

Avant de s’intéresser à l’histoire de la K-pop et à comment elle a conquis le monde, il est important de connaître un point essentiel : si tu pensais que la K-pop désignait uniquement la pop venue de Corée du Sud… Erreur. En réalité, la K-pop concerne l’ensemble de la musique pop coréenne. En d’autres termes, ce genre musical englobe la pop, évidemment, mais aussi le rock, le hip-hop, le rap ou encore le R&B.

La K-pop peut donc prendre une multitude de formes tant qu’elle respecte une règle : mettre en lumière la langue coréenne. Et allier chant et danse, accessoirement. Forcément, ce principe a pu donner de la place à de nombreux talents, en solo ou en groupe (mixtes, masculins ou féminins). Avec la K-pop, il y en a pour tous les goûts !

Les années 1990, l’ère qui a vu naître la K-pop en Asie

En 1992, lors d’une émission TV aux airs de The Voice diffusée en direct en Corée du Sud, trois jeunes hommes issus d’un boys band se présentent face à un jury avec un son inédit associant hip-hop, rap, euro pop, paroles en coréen et une chorégraphie en prime. La performance ne séduit pas le jury (le groupe récolte la pire note de la soirée), mais le public de l’émission, lui, est captivé et en redemande. Le phénomène Seo Taiji and Boys est né. Et la K-pop par la même occasion !

À cette époque, Seo Taiji and Boys est le groupe de K-pop le plus connu (et reconnu) au pays du matin calme, mais il est loin d’être le seul. Rapidement, H.O.T, G.O.D (1996) ou encore S.E.S, le tout premier groupe de K-pop féminin créé en 1997, se font aussi connaître auprès du grand public. On parle alors de la naissance de la K-pop Idol culture : dès les années 1990, les artistes de K-pop, qu’ils soient en solo ou membres d’un groupe, sont surnommés des idols. Avec ce terme, on sent bien que c’est un lien très particulier qui unit le public à ses artistes préféré·es.

Des générations de K-pop qui se sont enchaînées

La deuxième génération de K-pop se fait remarquer à partir de 1997, avec l’émergence de l’artiste solo BoA, mais aussi de Super Junior, BigBang, 2PM ou encore 2NE1. Doucement, quelques groupes commencent à résonner à l’international, mais toujours loin de l’Europe.

Tout change avec la troisième génération de K-pop, au début des années 2010 : c’est à cette époque que sont nés quelques-uns des meilleurs de groupes de K-pop, qui continuent de faire vibrer la planète à l’heure actuelle. Signe avant-coureur de la déferlante K-pop ? Psy bien sûr, et son inoubliable « Gangnam Style », qui a frappé les esprits avec son clip complètement barré, son ambiance bariolée et ses dances moves d’anthologie. Ironie du sort, ce qui était au départ une parodie de clips de K-pop a réussi à propulser le genre à l’international en devant la première vidéo de l’histoire à être visionnée plus d’un milliard de fois sur YouTube.

Depuis, Blackpink, Red Velvet, EXO et surtout BTS, acronyme de « Bangtan Sonyeondan », littéralement les « Boy-scouts pare-balles », occupent le devant de la scène internationale. Cette génération se caractérise par une augmentation phénoménale et extrêmement rapide des vues sur YouTube : le monde entier découvre la musique pop coréenne et l’adopte en quelques notes à peine.

Depuis, on a également vu naître une quatrième génération de K-pop avec des noms connus à l’international comme Stray Kids, TXT, Itzy ou encore The Boyz. Ils se démarquent des générations précédentes par leur utilisation ultra maîtrisée des réseaux sociaux. YouTube, Snapchat, TikTok et Instagram : les artistes de cette quatrième vague connaissent les plateformes sur le bout des doigts et savent comment se connecter de façon privilégiée avec leurs fans, quel que soit l’endroit où ils et elles se trouvent. Désormais, impossible de le nier, la K-pop a bel et bien conquis le monde entier.

Un phénomène planétaire aux origines diverses

Bien installés depuis près d’une trentaine d’années en Asie, les artistes de K-pop ont ainsi permis à la culture coréenne de conquérir la planète tout entière à partir de la fin des années 2000. Concerts à guichets fermés dans des stades en Europe et aux États-Unis, des idols qui deviennent des égéries de marques de luxe françaises et américaines, des titres qui cartonnent encore plus que ceux des Beatles dans les années 1960 : plus rien n’arrête la K-pop et son essor. Plusieurs points permettent de comprendre comment le phénomène s’est mis en marche et comment la K-pop a conquis le monde.

D’une part, c’est à cette époque que les réseaux sociaux ont commencé à exploser. Les idols ont su se composer d’immenses bases de fans dans le monde entier en postant régulièrement des contenus photo et vidéo et en répondant fréquemment aux questions des fans. Ce niveau d’interaction a contribué à créer un lien fort et très particulier entre les artistes et leur communauté. Aussi, les artistes de K-pop se rendent très souvent à des événements et à des concerts aux quatre coins du globe pour rencontrer leurs fans. En bref, ils sont en permanence au plus près de ceux et celles qui écoutent leurs titres.

De manière générale, les artistes de K-pop savent toucher un public large grâce à des chansons bien écrites et accrocheuses qui restent en tête et qui ont quelque chose d’addictif. La K-pop, ça donne envie d’écouter en boucle certains titres et de se bouger ! Et d’ailleurs, qu’on se le dise, les chorégraphies constituent un autre élément essentiel du succès mondial de la musique pop coréenne. Même si les danses sont souvent complexes, elles sont visuellement hyper satisfaisantes à regarder et le fait de retenir quelques pas simples donne envie de danser à son tour.

Enfin, impossible de parler de la popularité de la K-pop sans évoquer le contenu des chansons. Ce qui plaît, c’est le fait que les thèmes des chansons parlent à la jeune génération. Confiance en soi, amitié, amour, la K-pop véhicule des messages positifs et légers qui font du bien au cœur et à l’estime de soi. Et clairement, on est beaucoup à avoir besoin de ça, non ? Alors, qu’on se le dise, dans ce contexte, la K-pop a encore un bel avenir devant elle !

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